La rafle de Pexonne : entretien avec Guillaume Maisse

 

Guillaume Maisse Photo www.struthof.fr

Guillaume Maisse en conférence – Photo http://www.struthof.fr

Comment la Mémoire conduit à l’Histoire … et la recherche de la vérité, aux archives.

L’article qui suit montre que le souci de fixer la Mémoire et de vouloir « enfin connaitre ce qui s’est passé » peut vous entraîner loin. En quelques années, Guillaume MAISSE est passé du statut de petit-fils de victime assistant aux cérémonies patriotiques, à la position de questionneur des derniers témoins. Puis la consultation des archives lui est devenue indispensable. Le processus était enclenché.
Pour avoir assisté à deux de ses conférences, je peux témoigner que les recherches de Guillaume sont fécondes, jusqu’à retrouver un court film INA de 1946. Il continue à peaufiner son sujet. Les révélations concernant le parcours des ex-officiers des Einsatzkommandos du SD risquent d’être décapantes.
Nous avons choisi d’interroger le chercheur, et futur auteur, tout en incitant chaque membre de HSCO à suivre le même cheminement : questionner, fouiller, consulter les archives, puis rédiger et partager !
Jean-Michel ADENOT

LES 112 OTAGES RAFLES À PEXONNE (54) LE 27 AOUT 1944 …

Dans leur repli vers le Reich commencé début août 1944, les troupes allemandes et les services de police (SD) appliquent à la lettre, dans le cadre de la lutte contre la Résistance, les ordonnances SPERRLE et KEITEL. C’est dans ce contexte, qu’à Pexonne (Meurthe & Moselle), sur les contreforts vosgiens, intervient la rafle de 112 otages le 27 août 1944.

Comment en êtes vous venus à vous intéresser à la rafle de Pexonne ?            Petit-fils de Georges BELIN, raflé ce 27 août, puis déporté à Gusen et décédé à Mauthausen le 16 avril 1945, je porte en moi, comme beaucoup d’autres enfants et petits-enfants ou proches de déportés, cette histoire. « Le 27 août », c’est comme cela que l’on dit à Pexonne, a rythmé mon enfance, puis mon adolescence. C’était la cérémonie qui marquait la fin des vacances scolaires et puis, surtout, c’était l’occasion de rendre hommage à tous ces disparus. Ce n’est qu’en 2013, que j’ai pris conscience que rien, ou si peu, n’avait encore été écrit sur cette tragédie, et que la connaissance de ces événements se limitait à une histoire factuelle et succincte.

Est-ce à dire que le sujet n’a pas été étudié ?
Etudié, non. Peu d’écrits relatent les faits. Un petit opuscule de quelques pages, écrit au lendemain de la guerre par le secrétaire de mairie, a longtemps constitué l’unique référence. Mais ce n’est qu’un récit lapidaire, vu sous le seul angle français. Les auteurs de cette rafle ne sont évoqués qu’en qualité de « SS » ou de « Gestapo », sans plus de précisions. Il convient d’évoquer, pour être complet sur le sujet, le livre de Jean-Marie GEOFFROY, Viombois, le maquis tragique, publié en 1946, mieux documenté. Ecrit « à chaud », l’auteur n’avait pas accès aux archives et a du se contenter des témoignages de l’époque…

Comment se déroulent vos recherches ?
Plus de 70 ans après les faits, ma priorité a d’abord été de recueillir les paroles des témoins, qui ont assisté à la rafle, à l’exclusion des déportés survivants aujourd’hui tous disparus. Le nombre de témoignages a permis, par recoupement, puis par confrontation avec les quelques écrits évoqués précédemment, de disposer d’un corpus riche et détaillé, qui rend compte des événements passés.
Puis est venu le temps de dépouiller les archives.  Lire la suite sur PDF =>LA RAFLE DE PEXONNE – ENTRETIEN AVEC GUILLAUME MAISSE


Guillaume Maisse est né en 1962. Il vit à Metz, où il est gérant de sociétés et conseiller en patrimoine.

Il a consacré un site à la rafle de Pexonne : http://pexonne27aout44.net/

 

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