Scaër, 4 août 2017 : Libération de la parole

Par Yves MERVIN

Pa sonjan mat, nemet an daou-se marteze, a c’helle kousked divorc’hed, n’eus nemet an daou-se a zo digablus, an daou-se a ziskennas gant ar ru vras, an daou loen-kezeg.

Youenn Gwernig, « Daou vi » , 1964 [1].

 

Commémoration à SCAER Photo Y. Mervin

Allocution de Jeanine Daniel, ANACR Scaër (photo Yves Mervin)

 

Lors des cérémonies de commémoration de la Libération de Scaër (Finistère) survenue le 4 août 1944, Jeanine Daniel, représentant la section locale de l’ANACR (Association nationale des anciens combattants de la Résistance),  a prononcé un discours conforme aux canons de l’association. Elle a exalté le courage de ceux qui se sont engagés contre l’occupant allemand, le sacrifice des maquisards FTP (Francs-tireurs partisans) tombés au combat, en particulier à Kernabat le 14 juillet 1944 [2]. Elle a aussi encouragé à rester vigilant quant aux reculs possibles de la démocratie et aux atteintes à la liberté, ce en quoi nous ne la contesterons certainement pas.

Mais Jeanine Daniel a surtout terminé son discours en évoquant deux victimes de la Résistance à Scaër, faisant mention d’un procès qui aurait été intenté à leur égard avant leur assassinat. C’est probablement la première fois que l’ANACR veut bien admettre que la Résistance a commis des actes hautement condamnables à l’encontre de ses compatriotes. Dans sa revue Ami entends-tu ?, il n’y a qu’une sorte de victimes : celles de l’occupant, les autres n’existent pas.

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[1] Traduction : Quand j’y pense, il n’y en a que deux à pouvoir dormir tranquille, il n’y en que deux qui ne soient pas coupables, ces deux-là qui descendaient la grande rue, les deux chevaux. Poème de Youenn Gwernig, « Deux oeufs », 1964, en hommage aux deux jeunes filles (Avant d’être exécutées à Stang-blank, Jeanette Laz et Marie-Jeanne Le Noach ont été promenées sur deux chevaux dans la grand-rue de Scaër). Paru dans Al Liamm en 1961.

 

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L’affaire Caritey : les dangereux collabos n’avaient pas 5 ans…

Un article de Jean-Michel Adenot

Senones (88)

Epuration à Senones (Vosges) : Les dangereux collabos n’avaient pas 5 ans !

La libération des Vosges ne s’est pas caractérisée par des exactions particulières. Mais toute règle connait des exceptions. Dans l’été 1945, le canton de Senones va devenir le théâtre d’une affaire sordide, l’élimination de deux familles, nourrissons compris. L’étude de « l’affaire CARITEY », du nom de son principal protagoniste, reste surtout révélatrice de l’ambiance très lourde de l’immédiate après-guerre, avec ses silences et ses amitiés…

article-cour-dassises-des-vosges

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L’affaire Caritey

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Illustrations l’affaire Caritey

 

Les faux traîtres

faux traîtres Poitiers

(Source : photomontage affiche 1943 delcampe.net/carte ancienne Blondel la Rougery)

Les faux traîtres par Luc Rudolph, membre actif de l’HSCO

Le 17 juillet 1944, l’inspecteur de police résistant Antoine Cantin est fusillé à Millac ou à Le Vigeant (Vienne), avec son adjointe et peut-être maîtresse –résistante aussi, la surveillante de police Fernande Gaillard, sur décision d’une cour martiale du maquis présidée par le capitaine Maurice Blondel.

L’inspecteur des Renseignements Généraux Antoine Cantin Le Saint, 91, est né à Phalsbourg (Moselle) en mai 1919. Quand la Moselle devient allemande, Cantin n’hésite pas : il s’évade vers la zone libre et devient dans un premier temps employé du Cadastre en Dordogne. Il y sera un des fondateurs de la Légion des Alsaciens-Lorrains, une structure violemment antiallemande et anti-collaborationniste. Il sera aussi un des premiers agents locaux des MUR (Mouvements Unis de Résistance) après avoir œuvré pour Libération-Sud. Recruté dans la police en 1943, d’abord en Dordogne, il avertit des habitants de Jaunay-Clan et de Chasseneuil visés par des sympathisants de la collaboration. Puis il se trouve nommé aux Renseignements Généraux à Poitiers. Là, son collègue Jean Henri Guibert1 Kiki le recrute rapidement au sein d’un petit groupe, Espérance, créé par le capitaine Olivet, La Chouette, dont l’objectif est de fournir des informations à toutes les structures locales de la Résistance. Les deux policiers en seront les chefs. Une employée des RG locaux, Suzanne Brunelière et un autre inspecteur de police, Albert Léon font aussi partie des informateurs. Ils seront immatriculés au réseau Eleuthère, sous-réseau Acajou. Grâce surtout à Guibert et à Cantin, le groupe obtient de nombreux renseignements sur les opérations programmées contre les maquis locaux. Ainsi, à la ferme d’Ys, le maquis Gilles dénoncé par un traître, est sauvé : l’encerclement effectué le lendemain par les Allemands se referme sur le vide. L’activité résistante de Cantin consiste d’ailleurs aussi à infiltrer les structures de la Collaboration et à démasquer leurs membres et les agents des Occupants2, telle une femme de l’Isle-Jourdain, qui, jusque là, avait dupé tout le monde. Ils fournissent aussi des faux-papiers et orientent les volontaires vers les maquis. En juin 1944, les deux policiers sont nommés au service de renseignements à l’état-major départemental des FFI. Contraints de pratiquer le double-jeu, ils sont chargés par l’intendant de police Lemoine de repérer les maquis. Ils le font, en l’informant toujours trop tard, assistés par la surveillante de police Fernande Gaillard, qui accepte de ne pas communiquer d’informations qui ne seraient pas passées par les deux inspecteurs. Elle ira jusqu’à rédiger des faux-rapports, pour calmer l’impatience de Lemoine. Du coup, Allemands et miliciens arrivent toujours avec un fatal temps de retard…

Le 10 juin, Guibert et Cantin se rendent en moto dans les Deux-Sèvres, à Montalembert, pour prévenir le maquis de la Butte-Rouge d’une action de la Milice le soir-même : elle vint en fait le lendemain, mais trouva les lieux désertés. D’autres résistants sont alors sauvés par l’avis de trahison que donnent les policiers au sujet d’un nommé Pierron et plus tard sur une dame Bergon. Les deux policiers sauvent aussi par des avis donnés à temps les maquis implantés dans le secteur Adriers-Plaisance, sillonné le lendemain par les troupes allemandes. A la mi-juillet 1944, l’intendant de police envoie les deux hommes dans le secteur de L’Isle-Jourdain : ils commencent par se présenter au chef FFI local –rattaché à l’Armée Secrète de la Vienne-, le capitaine Blondel, Michel, qui les reçoit mal, les renvoie vers son supérieur, le capitaine Chêne, et les invite à ne plus reparaître. Mieux reçu par Bernard, Chêne, celui-ci se met d’accord avec les policiers pour qu’ils lui rendent régulièrement compte. Ils lui soumettent dès lors systématiquement au préalable, pour éviter tout faux-pas, les rapports adressés à Lemoine. Guibert et Cantin se séparent : seul le second revient sur les terres où il est proscrit. Son retour coïncide avec une opération des occupants qui arrêtent deux gendarmes locaux, le 17 juillet.

Cantin, interpellé ce jour vers 17h par les maquisards, rejoint au Vigeant, pour une brève captivité, Fernande Gaillard, arrêtée deux jours plus tôt. Blondel, sans rechercher l’ombre d’une preuve contre les deux captifs, les fait immédiatement passer en cour martiale vers 18h et condamner à mort. Le maquisard qui garde Cantin raconte lui avoir proposé de s’enfuir avec lui, mais a essuyé un refus de l’inspecteur : « Je suis innocent, je ne me sauverai pas, je resterai propre jusqu’au bout ». Les deux policiers sont abattus au bord d’un chemin, vers 23h. Blondel n’a jamais cherché à contacter son supérieur, dont il ne se sent pas dépendant, n’a respecté aucune procédure des cours martiales (il est pourtant officier de chancellerie…), et ne rend aucun compte. Ultérieurement, alors qu’il est initialement chargé de l’enquête sur cette tragique exécution, il accumulera les mensonges, affirmera d’abord que l’homme et la femme ont été abattus lors d’une tentative de fuite, avant d’admettre leur exécution sommaire. Il s’opposera même sans vergogne à la réhabilitation des victimes de son incurie. L’enquête menée ultérieurement par la Sûreté Nationale est un modèle du genre3. Le corps de Cantin, retrouvé à la Barrière des Loges, dépouillé de tout objet, sera dès lors considéré comme étant celui d’un inconnu. Il faudra attendre la fin de la guerre pour que la disparition de Cantin éveille quelque émoi. Mais ce sera l’action conjuguée de ses anciens collègues, de ses camarades d’Espérance et d’Eleuthère (en la personne du capitaine Sommen, Vallin, Christian), des parents du policier, puis du journal régional L’Est républicain, pour obtenir une révision du « procès » bâclé.

Les juridictions saisies estimeront que « les charges relevées contre Cantin s’avèrent inexistantes » et considéreront la condamnation et l’exécution totalement infondées, quoique couvertes par l’amnistie, pointant les multiples dysfonctionnements d’un Blondel obstiné dans son égarement. Les diverses enquêtes ultérieures concluront de même, avec des attendus particulièrement durs du général Duche en mai 1948, qui évoque en Cantin « cet excellent patriote, victime de l’erreur d’un officier ». En 1947, le Ministre de l’Intérieur parlait déjà de « la tragique incurie du colonel Blondel ». La DGER se contentait en 1946 de stigmatiser une « regrettable légèreté »… Cela n’empêchera pas Maurice Blondel d’être un lieutenant-colonel à la conscience sereine, aveuglé par ses certitudes, quoique vigoureusement mis en cause par ses anciens compagnons pour avoir, selon eux, souvent été absent lors des combats… Il est vrai que d’autres témoins louent son parfait courage. Cantin sera finalement reconnu « Mort pour la France », homologué sous-lieutenant, et décoré de la Croix de guerre avec une citation à l’ordre du Corps d’Armée. Le policier n’aura pas pu sauver deux gendarmes : le lieutenant Priquet et l’adjudant Coustant, qu’il avait identifiés comme étant ciblés par les collaborateurs et les Allemands. Arrêtés le 17 juillet, ils mourront en déportation où ils croiseront Guibert.

Kiki, pour sa part est arrêté un peu plus tard, le 26 juillet 1944 par les Allemands, sur dénonciation de la Milice, incarcéré à la prison de la Pierre-Levée, et déporté le 18 août. A Buchenwald, puis dans son kommando, Guibert sera rudement maltraité par des nazis ou des kapos sadiques : les coups de gourdin et de marteau reçus sur la tête le feront cruellement souffrir encore des années plus tard. Tombant évanoui un matin à l’appel, il passe trois semaines à l’infirmerie, soigné par un médecin espagnol. Quand le kommando de Bad Gandersheim, Guibert en profite pour s’évader à hauteur de Mersdorf. Il est rapatrié le 13 mai 1945, invalide à 115%. Quand il découvre le sort de Cantin, il entame ses recherches qui contribueront à sa tardive réhabilitation. Jean Guibert sera promu commissaire. Il est père de deux filles. Fernande Gaillard est la grande oubliée de l’affaire : son identification complète (elle est parfois affublée du prénom de Germaine) et sa sépulture sont encore inconnues.

Luc RUDOLPH

Auteur de « Policiers contre policiers », Ed SPE, 2015.

1 Né en 1921 à Bordeaux (Gironde).

2 Le rapport d’enquête indique qu’une liste complète des agents de la Milice et de la LVF a été établie par eux : elle se trouverait aux archives départementales.

3 A voir dans les Archives du BCRA au SHD.

Pour ce qui concerne plus particulièrement Mlle Fernande Gaillard, adjointe de Cantin et fusillée avec lui, voir l’article de notre adhérent, M. Laurent Busseau, sur son site (attention : Mlle Gaillard n’était pas d’origine bordelaise, elle était née à Nice) : http://www.historien-sans-frontiere.com/2017/02/28/365/

 

Epuration en Dordogne : retour sur Urbanovitch alias « Doublemètre »

(source photo : mémoire-résistances.dordogne.fr/retouche photo : aa. martineau)

(source photo : mémoire-résistances.dordogne.fr/retouche photo : aa. martineau)

URBANOVITCH Andrj, dit « André » par Jean-Jacques Gillot (membre fondateur de l’association HSCO)

Chef opérationnel de l’épuration violente en Périgord

2 janvier 1910, Velicki-Bekereck (Serbie, empire austro-hongrois)

Fils de bonne famille. Émigré yougoslave d’ascendance juive et hongroise, en 1930. Polyglotte, étudiant en droit, escrimeur protégé par le préfet de police Jean Chiappe, à Paris. Devenu publicitaire à Courbevoie (Seine) avec la petite-fille du prince russe Kropotkine, il avait connu les époux Larat, originaires de Saint-Saud-la-Coussière, lors de ses études à la Sorbonne.

Personnage aussi opportuniste que doté de facultés intellectuelles et physiques bien au dessus de la moyenne et longtemps tenu pour suspect par les autorités. Deux fois marié à des filles de la société bourgeoise installée, père officiel de deux fils mais aussi, et pour le moins, d’une fille qu’il ne reconnut jamais. Engagé dans un régiment de volontaires étrangers, sitôt la déclaration de guerre, il suivit une formation d’officier au camp du Barcarès (Pyrénées-orientales). Combattant lors de l’offensive allemande de mai-juin 1940, il fut pris sur la Loire mais s’évada rapidement du Frontstalag de Longvic (Côte-d’Or). Réfugié en Périgord Vert après être passé par Paris, d’abord oisif puis affecté aux groupements de travailleurs étrangers de la vallée de l’Isle, il fut l’intime de nombre de compagnes de rencontre. Entré à l’Armée secrète, en forêt du Landais, en 1943, puis passé aux FTP de la Double, au grade lieutenant et sous le nom de guerre de « Doublemètre » qui allait lui coller à la peau. Quasi commissaire politique car décrit comme faisant l’article marxiste auprès des jeunes maquisards. Intrépide dans des circonstances difficiles, comme lors de l’attaque d’un train allemand, à Mussidan, le 11 juin 1944. Il prit aussi part à une action contre la prison de Bergerac, le 29 juillet suivant, qui permit de délivrer une quarantaine d’internés politiques communistes.

Au cours de ses fonctions épuratives, il organisa et prit part à l’enlèvement du contre-amiral Platon, ancien ministre de Vichy et partisan ouvert de la répression contre le maquis, à la fin juin 1944. Celui-ci fut condamné à mort par un « tribunal révolutionnaire » présidé par le pseudo-résistant Yves Péron alors qu’Urbanovitch tint le rôle d’avocat pour la seule et unique fois de sa vie. Platon fut seulement fusillé le 28 août 1944, après la libération du département. Chef d’orchestre très opérationnel de l’épuration violente de l’été de la Libération et resté sous la férule de Péron, c’est l’historien Jacques Lagrange qui fut l’un des premiers chercheurs à indiquer qu’Urbanovitch avait eu des donneurs d’ordres politiques. En septembre 1944, le nouveau capitaine FTP assura également le transport à Paris de près d’un milliard de francs de l’époque (180 millions € actuels) sur les 2.280 millions pris au détriment de la Banque de France, dans un train, en gare de Neuvic-sur-l’Isle, le 26 juillet précédent.

Vingt ans après guerre, l’aventurier fut doté d’états de services extravagants par les soins de Roger Ranoux, prétendu ancien « chef départemental des FFI ». Telle une aussi précoce que mythique résistance à Paris, en 1940. Ou bien une attaque contre les Allemands, au pont de Castillon (Gironde) au cours de laquelle Urbanovitch aurait tué douze ennemis à lui seul. Engagé au 151e RI, le « régiment rouge » de Paris, l’aventurier fut membre des services de renseignements de l’armée, en Alsace, au début 1945. Pour autant, poursuivi pendant plusieurs années par cinq juges d’instruction militaires successifs et momentanément emprisonné, il fut élargi par les soins d’André Malraux.

Bénéficiaire des larges lois d’amnistie, protégé par l’omerta de l’époque et de complices appuis, il se sortit d’affaire par un non lieu des plus discutables, nanti de la Légion d’honneur, de la croix de guerre et de la rosette de la Résistance. En 1948, Christiane Couturoux, fille du chef AS René Couturoux, écrivit à l’ancien pilote américain Joel Mac Pherson pour le dissuader d’établir une recommandation à Doublemètre en lui faisant savoir « Urbanovitch est un homme dangereux » alors qu’elle décrivit la veuve de Pierre Lanxade, véritable ancien chef militaire FTP tué au combat, comme « une amie de la famille ». Formé par Pierre Worms, critique d’art réfugié en Périgord entre 1940 et 1944, l’ancien maquisard devint un marchand de peintures reconnu, installé rue du Faubourg-Saint-Honoré, à Paris. Dirigeant de l’association des « officiers de réserve républicains » du 17e arrondissement, il revint sous la surveillance des services de police parisiens pour ses affinités idéologiques et ses potentielles responsabilités dans le cadre d’un projet d’insurrection prêté au parti communiste.

En 1956, après l’écrasement du soulèvement hongrois, il fit partie des nombreux intellectuels à rompre avec le PCF et démissionna de l’association France-URSS. Longtemps veillé par Florence Larat, sa fille cachée, il mourut de maladie dans son hôtel particulier du VIIe arrondissement, le 31 décembre 1979. Ce fut après une vie d’excès et de paillettes sentencieusement narrée à son avantage par le peu regardant Who’s who puis ingénument reprise par la presse sitôt son décès.

Pendant la guerre d’Algérie, l’un de ses fils fut un parachutiste qui prétend avoir été décoré par Mitterrand. Désormais, son petit fils exerce la profession artistique de son aïeul dans le même quartier parisien que lui. Pour tout dire, Urbanovitch se serait certainement très bien entendu avec un autre lettré, colosse et flambeur comme lui si celui-ci n’était pas né un siècle avant lui. On sait en effet qu’Alexandre Dumas avait fait fortune par son art et collectionné les conquêtes féminines.

Sources :

  • centre d’archives contemporaines de Fontainebleau, « fonds de Moscou »
  • archives de la préfecture de police de Paris ; dossiers des officiers FFI, service historique de la Défense, Vincennes
  • archives départementales de la Dordogne
  • archives de la justice militaire, Le Blanc (Indre)
  • entretiens avec Florence Larat (†), Philippe et Roland Urban, enfants de l’intéressé
  • entretien avec Alexandre Urban, petit-fils de l’intéressé
  • Lagrange, 1944 en Dordogne
  • Gillot et Lagrange, L’Épuration en Dordogne selon Doublemètre et Le Partage des milliards de la Résistance
  • Gillot, thèse et Les Communistes en Périgord
  • Gillot et Maureau, Résistants du Périgord
  • Gillot, Chroniques des années de guerre en Périgord)
  • Beaubatie, Gillot et al., Le Périgord d’une guerre mondiale à l’autre
  • Gillot, Le maillon rouge, à paraître)

Pour aller plus loin : L’Epuration en Dordogne selon Doublemètre, Jean-Jacques Gillot et Jacques Lagrange, ed. Pilote 24, 2002

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Info médias : Emission radio/« Un seul châtiment pour les traîtres  » de Xavier Laroudie sur France Bleu Limousin

Présentation de l’ouvrage de Xavier Laroudie « Un seul châtiment pour les traîtres  » lors de l’émission radio « Les spécialistes » diffusée le 6 septembre 2016 sur France Bleu Limousin. Présentation : Xavier Bourdelas

Un seul châtiment pour les traîtres Xavier Laroudie

A réécouter sur France Bleu Limousin :

Emission « Les spécialistes » du 6 septembre 2016 France Bleu Limousin

 

Le drame des Alsaciens-Mosellans en France

alsace occupation allemande hugel

(crédit photo : Etienne Hugel)

Charles Bohnert, membre fondateur de l’association HSCO parle courageusement du déni de justice qui a frappé les Alsaciens-Mosellans réfugiés, notamment dans la région de Vierzon dans le Cher. Un peu à la façon des animaux malades de la peste de Jean de la Fontaine.

Il est utile de rappeler qu’en septembre-octobre 1939, environ 120 000 Alsaciens-Lorrains, habitant près de la frontière allemande devenue zone des combats, seront transférés dans le Centre et le Sud-Ouest de notre pays.

Les différences culturelles, l’accent germanique ne facilitent pas l’intégration temporaire.

Les occupants vont avoir un besoin important et urgent d’interprètes. Ils vont donc engager massivement des Alsaciens-Lorrains naturellement bilingues.

A la Libération s’ouvrit une période de suspicion généralisée et administrative à l’encontre de nos compatriotes venus de l’Est, qualifiés souvent de boches.

Michel Martineau

Le drame des Alsaciens-Mosellans en France par Charles Bohnert

Durant les quatre années d’occupation, des réfugiés Alsaciens-Mosellans auront des activités liées à leurs emplois dans les départements annexés. Ex : dans l’enseignement, dans la gendarmerie, dans la police, dans les administrations de l’état. Pour toutes ces personnes à la Libération, une enquête des services de police sera demandée afin de leur permettre de retourner chez eux. Malheureusement dans certains cas, les agents chargés des enquêtes n’agissaient pas au mieux des intérêts des demandeurs. Des mises en détention administratives seront souvent la solution de facilité, ce qui va entraîner pour certains réfugiés, l’impossibilité de retrouver leur ancien travail au sein des administrations.

En 1944 et 1945, la chasse aux collaborateurs ou supposés sera un des buts principaux de certains (résistants). Chaque région, chaque ville a eu des interprètes. Si certains ont effectivement intégré les forces d’occupations dans divers services, beaucoup ne seront que des employés au titre d’interprète auprès des autorités Françaises et Allemandes. Malheureusement le regard qui sera porté sur eux par une partie de la population ne fera que provoquer une forme de haine vis-à-vis d’eux. Pour ces hommes et ces femmes, même en prouvant qu’ils avaient simplement fait un travail en toute honnêteté , les conséquences pour beaucoup seront des plus dramatiques. Plus de 72 ans après, pour beaucoup de personnes ces Alsaciens ou Mosellans restent des boches.

Lire la suite en format PDF (cliquer sur le lien) :

Le drame des Alsaciens-Mosellans par C. Bohnert

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Charles Bohnert, membre fondateur de l’association HSCO

Info publication membre : pavé explosif dans le marais Guingouin

Un seul châtiment pour les traîtres Xavier Laroudie

Xavier Laroudie lance un pavé explosif dans le marais Guingouin

Un gros pavé intitulé « Un seul châtiment pour les traîtres » publié par Geste éditions. À prendre à pleines mains. Sans pincettes.
Arrivé dans ma boîte à lettres j’ai commencé la lecture du livre et vous le recommande déjà. Il vaut le voyage.

Préfacé par Jean-Marc Berlière, professeur émérite d’histoire contemporaine et lanceur d’alerte sur l’épuration sauvage à la Libération, plus importante que ne le présente le bilan des enquêtes officielles.

Xavier Laroudie le prouve par sa chasse aux documents, aux archives et dans les états civils des communes de la Haute Vienne. Un travail de Romain. Dix années à débusquer les omertas, les légendes épiques et les cadavres d’inconnus, jetés dans des « fosses secrètes à proximité de maquis sulfureux ».

La balle dans la nuque signait le châtiment.
On sait que la Résistance dans le Limousin c’était d’abord Guingouin, « le préfet du Maquis » de « la petite Russie ».
Mais ce n’était pas que Guingouin chassé par le Parti communiste, puis rattrapé et repris dans la maison rouge peu d’années avant sa mort.
L’auteur se garde bien de jeter « le bébé avec l’eau du bain ». Il sait distinguer l’ivraie et le bon grain des authentiques résistants de ces temps troubles de la Libération. Son pavé va déranger les propriétaires du Marais qui vont le lui faire savoir bruyamment. Attendons nous à les voir bondir au dessus des roseaux et brandir le chiffon rouge du dénigrement de la Résistance et des Résistants. On connait.

Dans la préface, Jean-Marc Berlière signale le dernier livre (1) où Pierre Daix, ardent militant communiste, déporté à Mauthausen à 17 ans, rédacteur en chef des Lettres Françaises, collaborateur d’Aragon et ami de Picasso, « appelle de nouvelles générations d’historiens […] à en finir avec tous les dénis de mémoire qui subsistent, les oublis et les arrangements de bienséance ».

Xavier Laroudie, à son insu, répond à cet appel, et de belle manière !

Gilbert Moreux

Un seul châtiment pour les traîtres

1 « Les combattants de l’impossible, la tragédie occultée des premiers résistants communistes », Pierre Daix, éd. Robert Laffont 2013 p 220

Les combattants de l'impossible Pierre Daix