HÉROS OU SACRIFIÉS ? Les fusillés du Kremlin-Bicêtre

Par Gérard SOUFFLET

Sept jeunes résistants de la banlieue parisienne  fusillés par les Allemands au Mont-Valérien, le 5 avril 1944

Le destin de Léonard Brugniaud et de ses camarades

PHOTO POUR ARTICLE DE G SOUFFLET Face BRUGNIAUD

 

Sept jeunes garçons de la banlieue-sud, dont quatre du Kremlin-Bicêtre, membres d’un groupe FTP démantelé par la police française, ont été exécutés par les allemands, le 5 avril 1944. Ils tombèrent en trois groupes, espacés de 8 minutes.

Au delà de l’histoire édifiante qui en fut faite, l’analyse détaillée de la chute du groupe, à partir d’un dossier conservé aux archives de la préfecture de police, pose des questions inattendues et singulières sur leur engagement dans la lutte armée au sein de la résistance communiste, à l’automne 1943.

Le cas de Léonard Brugniaud, 21 ans, a servi de fil conducteur à cette enquête.

Lire la suite en PDF :   Article HSCO Brugniaud – juin 2017

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Documentaire « Policiers sous l’Occupation – Des policiers témoignent »

 

Le documentaire « Policiers sous l’Occupation – Des policiers témoignent », réalisé par Arnaud GOBIN, et dont Jean-Marc BERLIERE est l’auteur, a été édité en DVD.

 

DVD POLICIERS SOUS L'OCCUPATION

Synopsis

La police française sous le régime de Vichy, peut se repentir de nombreux actes et se glorifier de certains autres. Elle était à l’oeuvre dans les grandes rafles de Marseille et du Vel d’hiv, mais aussi, jour après jour, dans la recherche et l’incarcération de familles juives. Bousquet et Darnand, créateurs de la milice anti-résistants ont été des responsables majeurs de la police durant l’occupation. Mais dans ce DVD, ce sont des fonctionnaires, souvent modestes qui témoignent, certains avec un peu de honte et pour les autres avec fierté, de ce que fut leur rôle de 1941 à 1944. Des familles entières leur doivent la vie, malgré l’horrible vague de dénonciations.

 

Le DVD est disponible

Sur Amazon ( !) par le lien suivant :

https://www.amazon.fr/police-sous-loccupation-Arnaud-Gobin/dp/B01N7KTFDK/ref=sr_1_1?s=dvd&ie=UTF8&qid=1494396151&sr=1-1&keywords=police+gobin

Sur la Fnac (plus cher !)

http://video.fnac.com/a10295828/Policiers-sous-l-occupation-DVD-DVD-Zone-2

On peut aussi le télécharger en streaming les 4 épisodes (2,99 l’épisode) : exemples

https://www.imineo.com/documentaires/histoire/france/policiers-sous-occupation-episode-03-repression-raciale-video-26979.htm

 

https://www.imineo.com/documentaires/histoire/france/policiers-sous-occupation-episode-04-resistance-epuration-video-26980.htm

 

Printemps 1945 à Clermont-Ferrand

Le retour des prisonniers et travailleurs libérés par les Alliés

Par Jacques GANDEBEUF
La guerre n’est décidément jamais simple aux yeux des civils.
J’en avais eu la première intuition au printemps de 1945. C’était à Clermont-Ferrand, et l’on me pardonnera de le raconter.
La ville, depuis plusieurs semaines, attendait le retour de nombreux Auvergnats libérés par les Alliés. Les trains arrivaient d’Allemagne dans un incroyable désordre, sans prévenir, de jour comme de nuit. Les convois se multipliaient parfois dans une seule journée, alors qu’à d’autres moments, il fallait attendre une semaine sans rien voir venir. Des centaines de Clermontois s’agglutinaient, la gorge nouée, à la sortie de la gare et nul ne savait qui allait ressusciter. Nous les Scouts, nous joignions nos bâtons pour ménager une assez large allée dans la foule, afin de permettre aux rescapés de gagner lentement le premier autobus. Dès qu’il était plein, il partait vers les hôtels de Royat où l’attendait une nuée de secouristes en blouse blanche. Une voix, sortie du haut-parleur de la gare, annonçait à l’avance le nom du rescapé, à partir d’une liste de la Croix-rouge rédigée dans le train, sans doute à la hâte, et fournie aux cheminots : « Untel… prisonnier de guerre, Untel… déporté du travail, Untel… évadé, Untel… résistant emprisonné, Untel… déporté à Buchenwald, Untel… » Ils sortaient de la salle des pas-perdus, l’un après l’autre, en silence…
Les STO ne disaient trop rien. Ils savaient que dans l’esprit de certains Clermontois, il demeurait la vague idée qu’ils auraient pu gagner le maquis au lieu de partir travailler pour les Allemands. Comme si c’était facile !
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Sans la police parisienne la rafle du Vel d’Hiv ne pouvait être organisée

La question de la responsabilité est bien entendu complexe

ALAIN MICHEL EN CONFERENCE

Alain MICHEL en conférence / Photo Par Thiranos — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=18864724

Par Alain MICHEL, Historien, rabbin

D’une manière très étrange, la rafle du Vel d’Hiv est entrée dans la mémoire collective française comme le symbole par excellence de la culpabilité du gouvernement de Vichy et de sa participation à l’application de la Solution finale. Peu importe la réalité, complexe, de cette période de l’histoire : c’est un véritable culte aux morts qui est rendu, une fixation de la mémoire, un objet politico-historique auquel, depuis sa « canonisation » officielle par Jacques Chirac en 1995, il est absolument interdit de toucher. Il s’agit là d’une instrumentalisation de l’histoire qui, même si elle se met en place avec les meilleures intentions du monde, n’en reste pas moins opposée à une saine conception de l’élaboration du passé. Or l’histoire, quand elle ne se fait pas négation de la réalité, doit rester libre, indépendante de telles circonstances temporelles qui ont amené à fixer une certaine interprétation de l’événement ; indépendante surtout du monde politique dont les intérêts sont loin d’être des intérêts de recherche de vérité, ou même d’hommage sincère aux victimes.

Est-ce à dire que Marine Le Pen aurait raison lorsqu’elle déclare que « la France n’est pas responsable du Vel d’Hiv » ? Rien n’est moins sûr, car tout dépend du contenu que l’on donne aux mots « France » et « responsable ». Certes, il serait ridicule d’accuser la France de 2017 d’être responsable d’un événement tragique qui s’est déroulé il y a 75 ans, mais la France en tant qu’entité historique, en tant que continuum de l’histoire, a une responsabilité de transmission de son histoire sous tous ses aspects, positifs comme négatifs. De Gaulle avait tort : la vraie France, la France Eternelle, n’existe qu’à condition qu’elle assume son passé dans son intégralité, avec les questions et les remises en cause que les historiens doivent apporter pour continuer à façonner l’image de ce passé global.

La question de la responsabilité est bien entendu, plus complexe. Si par « responsable » on entend « initiateur, programmateur, organisateur », alors non, la Rafle du Vel d’Hiv ne s’est pas déroulée sous responsabilité française. Les Allemands ont décidé la rafle avant, ont programmé son organisation, et ont pris les décisions après, celles qui ont amené à la déportation et à l’assassinat de 13.000 Juifs, hommes, femmes et enfants, pour la plupart étrangers. Par contre si être responsable, ce que je crois, c’est accomplir, même sur ordre, les actes qui ont permis ces arrestations et leurs conséquences, alors, oui, la police de Vichy et le gouvernement ont une part de la responsabilité, même si elle n’est pas la principale. Sans la police parisienne la rafle ne pouvait être organisée, mais sans la volonté et les décisions allemandes la police française n’aurait jamais commis ces arrestations.

Est-ce à dire que la France de Vichy n’a qu’une responsabilité limitée? Oui si on se focalise sur ce qui se passe à Paris en juillet 1942, non si on élargit notre champ de vision en considérant les arrestations et les déportations d’août 1942 en zone libre, où là l’initiative comme la réalisation sont françaises, même si elle se déroule en liaison avec les Allemands. Or, pour paraphraser le début de ce texte, de manière très étrange la rafle de zone Sud a disparu de la mémoire collective française, alors qu’elle est la réalité par excellence de la culpabilité du gouvernement de Vichy et de sa participation à l’application de la solution finale. Comme quoi, dans la mémoire collective également, un train peut en cacher un autre.

Dernier ouvrage : Vichy et la Shoah, enquête sur le paradoxe français, deuxième édition, Elkana 2015.

Article paru dans :

http://www.huffingtonpost.fr/alain-michel/responsabilite-vel-dhiv-vichy_a_22033834/

ALAIN MICHEL LIVRE VIENT DE PARAITRE

La guerre du Gardien de la paix Allard/Jean Alliot

Un article par Luc Rudolph

Le 5 février 1943, le gardien de la paix de la Préfecture de Police Jean-Baptiste Allard Indou se trouve à Carantec avec trois autres agents, dont son collègue Albert Billard, tous membres de L’Alliance, pour être transférés vers l’Angleterre. Ils embarquent sur l’Yvonne et rejoignent la Grande-Bretagne à Salcombe le 7 février, non sans avoir essuyé une forte tempête. Ils séjournent à Patriotic School pour le traditionnel criblage de sécurité jusqu’au 8 mars. L’aventure d’Allard commence alors vraiment. Né en 1904 à Avessac (Loire-Inférieure), il est entré à la Préfecture de Police comme gardien de la paix en mars 1928 : il y deviendra opérateur radio. Allard rejoint la Résistance, qu’il sert à plein temps, comme agent P2 dès mai 1942 : il est révoqué de ses fonctions le 22 février 1943. Arrivé en Angleterre, le voici membre des FFL, devenu  Jean Alliot…

Lire la suite en PDF : La guerre du Gardien Allard

Luc Rudolph est l’auteur de Policiers Rebelles et Policiers contre policiers, ed. SPE

Conférence « Résistants du Périgord » mardi 21 mars 2017 Strasbourg

Jean-Jacques Gillot donnera une conférence ce mardi à partir de 18h au Snack Michel, 20 avenue de la Marseillaise 67000 Strasbourg

Il dédicacera également son ouvrage « Résistants du Périgord » de 16h à 19h à la librairie Ehrengarth, 14 route du Polygone 67000 Strasbourg Neudorf