Collaboration économique et Occupation

Un article de Emmanuel de Chambost

Faire l’histoire des entreprises

J’ai mis le pied dans la recherche historique avec l’Histoire de la direction du PCF dans la clandestinité entre 1941 et 1944 c’était en quelque sorte une pépite non exploitée sur laquelle j’étais tombé par hasard et qui avait révélé et activé mon goût pour l’investigation historique. Avec des charges de famille et une activité professionnelle d’ingénieur impliquant beaucoup de temps de transport, je n’avais guère la disponibilité pour enchaîner les projets.

Bien m’en a pris finalement, ce temps de gestation d’une douzaine d’années – où je gardais quand même une pratique de l’histoire grâce à l’internet naissant – m’a permis de parfaire ma culture historique et je terminais en 2009 ma carrière professionnelle en écrivant l’histoire de l’entreprise dans laquelle j’avais travaillé pendant vingt ans. CAMECA, c’est son nom avait été une ancienne filiale de la CSF, une société que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître, mais qui a donné naissance à Thomson-CSF devenu par simple changement de nom, Thales, en 2000, à l’époque où bien d’autres groupes effaçaient les traces de leurs origines françaises…

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Collaboration économique E. de Chambost

Emmanuel de Chambost est notamment l’auteur de La Radioélectricité en France sous

l’Occupation, La Compagnie générale de télégraphie sans fil, enfance du groupe Thales,

L’Harmattan, 2012

Le site d’Emmanuel de Chambost :

http://siteedc.edechambost.net/CSF/Histoire_CSF_occupation.html

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Info médias : Emission radio/« Un seul châtiment pour les traîtres  » de Xavier Laroudie sur France Bleu Limousin

Présentation de l’ouvrage de Xavier Laroudie « Un seul châtiment pour les traîtres  » lors de l’émission radio « Les spécialistes » diffusée le 6 septembre 2016 sur France Bleu Limousin. Présentation : Xavier Bourdelas

Un seul châtiment pour les traîtres Xavier Laroudie

A réécouter sur France Bleu Limousin :

Emission « Les spécialistes » du 6 septembre 2016 France Bleu Limousin

 

Le drame des Alsaciens-Mosellans : documents

Pour compléter l’article de Charles Bohnert du 18 août, nous vous proposons ci-dessous une série de documents iconographiques qu’il nous a aimablement fournis.

NB : Cliquer sur les images pour consultation pleine page.

des interprétes qui vont connaitre les drames de l'épuration

Le Sonderführer en poste à Vierzon aux côtés de deux jeunes filles dont une est Alsacienne interprète. Elle sera condamnée à 20 ans de travaux forcés par contumace et à l’indignation nationale.

 

liste des interpretes sur Vierzon

Liste des interprètes à Vierzon

liste des victimes de faits de guerre

Liste des victimes des faits de guerre

Renseignements sur les fonctionnaires d’Alsace-Lorraine document PDF (cliquer sur l’hyperlien)

edmond shmitter - Copie

Edmond Schmitter

déliberation pour un alsacien

Délibération pour un Alsacien

clauser 1

Condamnation

 

 

Le drame des Alsaciens-Mosellans en France

alsace occupation allemande hugel

(crédit photo : Etienne Hugel)

Charles Bohnert, membre fondateur de l’association HSCO parle courageusement du déni de justice qui a frappé les Alsaciens-Mosellans réfugiés, notamment dans la région de Vierzon dans le Cher. Un peu à la façon des animaux malades de la peste de Jean de la Fontaine.

Il est utile de rappeler qu’en septembre-octobre 1939, environ 120 000 Alsaciens-Lorrains, habitant près de la frontière allemande devenue zone des combats, seront transférés dans le Centre et le Sud-Ouest de notre pays.

Les différences culturelles, l’accent germanique ne facilitent pas l’intégration temporaire.

Les occupants vont avoir un besoin important et urgent d’interprètes. Ils vont donc engager massivement des Alsaciens-Lorrains naturellement bilingues.

A la Libération s’ouvrit une période de suspicion généralisée et administrative à l’encontre de nos compatriotes venus de l’Est, qualifiés souvent de boches.

Michel Martineau

Le drame des Alsaciens-Mosellans en France par Charles Bohnert

Durant les quatre années d’occupation, des réfugiés Alsaciens-Mosellans auront des activités liées à leurs emplois dans les départements annexés. Ex : dans l’enseignement, dans la gendarmerie, dans la police, dans les administrations de l’état. Pour toutes ces personnes à la Libération, une enquête des services de police sera demandée afin de leur permettre de retourner chez eux. Malheureusement dans certains cas, les agents chargés des enquêtes n’agissaient pas au mieux des intérêts des demandeurs. Des mises en détention administratives seront souvent la solution de facilité, ce qui va entraîner pour certains réfugiés, l’impossibilité de retrouver leur ancien travail au sein des administrations.

En 1944 et 1945, la chasse aux collaborateurs ou supposés sera un des buts principaux de certains (résistants). Chaque région, chaque ville a eu des interprètes. Si certains ont effectivement intégré les forces d’occupations dans divers services, beaucoup ne seront que des employés au titre d’interprète auprès des autorités Françaises et Allemandes. Malheureusement le regard qui sera porté sur eux par une partie de la population ne fera que provoquer une forme de haine vis-à-vis d’eux. Pour ces hommes et ces femmes, même en prouvant qu’ils avaient simplement fait un travail en toute honnêteté , les conséquences pour beaucoup seront des plus dramatiques. Plus de 72 ans après, pour beaucoup de personnes ces Alsaciens ou Mosellans restent des boches.

Lire la suite en format PDF (cliquer sur le lien) :

Le drame des Alsaciens-Mosellans par C. Bohnert

DSCN4971 - Copie

Charles Bohnert, membre fondateur de l’association HSCO

Info publication membre : pavé explosif dans le marais Guingouin

Un seul châtiment pour les traîtres Xavier Laroudie

Xavier Laroudie lance un pavé explosif dans le marais Guingouin

Un gros pavé intitulé « Un seul châtiment pour les traîtres » publié par Geste éditions. À prendre à pleines mains. Sans pincettes.
Arrivé dans ma boîte à lettres j’ai commencé la lecture du livre et vous le recommande déjà. Il vaut le voyage.

Préfacé par Jean-Marc Berlière, professeur émérite d’histoire contemporaine et lanceur d’alerte sur l’épuration sauvage à la Libération, plus importante que ne le présente le bilan des enquêtes officielles.

Xavier Laroudie le prouve par sa chasse aux documents, aux archives et dans les états civils des communes de la Haute Vienne. Un travail de Romain. Dix années à débusquer les omertas, les légendes épiques et les cadavres d’inconnus, jetés dans des « fosses secrètes à proximité de maquis sulfureux ».

La balle dans la nuque signait le châtiment.
On sait que la Résistance dans le Limousin c’était d’abord Guingouin, « le préfet du Maquis » de « la petite Russie ».
Mais ce n’était pas que Guingouin chassé par le Parti communiste, puis rattrapé et repris dans la maison rouge peu d’années avant sa mort.
L’auteur se garde bien de jeter « le bébé avec l’eau du bain ». Il sait distinguer l’ivraie et le bon grain des authentiques résistants de ces temps troubles de la Libération. Son pavé va déranger les propriétaires du Marais qui vont le lui faire savoir bruyamment. Attendons nous à les voir bondir au dessus des roseaux et brandir le chiffon rouge du dénigrement de la Résistance et des Résistants. On connait.

Dans la préface, Jean-Marc Berlière signale le dernier livre (1) où Pierre Daix, ardent militant communiste, déporté à Mauthausen à 17 ans, rédacteur en chef des Lettres Françaises, collaborateur d’Aragon et ami de Picasso, « appelle de nouvelles générations d’historiens […] à en finir avec tous les dénis de mémoire qui subsistent, les oublis et les arrangements de bienséance ».

Xavier Laroudie, à son insu, répond à cet appel, et de belle manière !

Gilbert Moreux

Un seul châtiment pour les traîtres

1 « Les combattants de l’impossible, la tragédie occultée des premiers résistants communistes », Pierre Daix, éd. Robert Laffont 2013 p 220

Les combattants de l'impossible Pierre Daix