La guerre du Gardien de la paix Allard/Jean Alliot

Un article par Luc Rudolph

Le 5 février 1943, le gardien de la paix de la Préfecture de Police Jean-Baptiste Allard Indou se trouve à Carantec avec trois autres agents, dont son collègue Albert Billard, tous membres de L’Alliance, pour être transférés vers l’Angleterre. Ils embarquent sur l’Yvonne et rejoignent la Grande-Bretagne à Salcombe le 7 février, non sans avoir essuyé une forte tempête. Ils séjournent à Patriotic School pour le traditionnel criblage de sécurité jusqu’au 8 mars. L’aventure d’Allard commence alors vraiment. Né en 1904 à Avessac (Loire-Inférieure), il est entré à la Préfecture de Police comme gardien de la paix en mars 1928 : il y deviendra opérateur radio. Allard rejoint la Résistance, qu’il sert à plein temps, comme agent P2 dès mai 1942 : il est révoqué de ses fonctions le 22 février 1943. Arrivé en Angleterre, le voici membre des FFL, devenu  Jean Alliot…

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Luc Rudolph est l’auteur de Policiers Rebelles et Policiers contre policiers, ed. SPE

Conférence « Résistants du Périgord » mardi 21 mars 2017 Strasbourg

Jean-Jacques Gillot donnera une conférence ce mardi à partir de 18h au Snack Michel, 20 avenue de la Marseillaise 67000 Strasbourg

Il dédicacera également son ouvrage « Résistants du Périgord » de 16h à 19h à la librairie Ehrengarth, 14 route du Polygone 67000 Strasbourg Neudorf

L’affaire Caritey : les dangereux collabos n’avaient pas 5 ans…

Un article de Jean-Michel Adenot

Senones (88)

Epuration à Senones (Vosges) : Les dangereux collabos n’avaient pas 5 ans !

La libération des Vosges ne s’est pas caractérisée par des exactions particulières. Mais toute règle connait des exceptions. Dans l’été 1945, le canton de Senones va devenir le théâtre d’une affaire sordide, l’élimination de deux familles, nourrissons compris. L’étude de « l’affaire CARITEY », du nom de son principal protagoniste, reste surtout révélatrice de l’ambiance très lourde de l’immédiate après-guerre, avec ses silences et ses amitiés…

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L’affaire Caritey

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Illustrations l’affaire Caritey

 

Compte-rendu Rendez-vous de l’Histoire Blois 2016

Résistance – Partir – Château de Blois, Salle Gaston d’Orléans

Rendez-vous de l’Histoire – 6 octobre 2016

(source : carte Blondel la Rougery)

Nous étions trois, Pierre-Alban Thomas (né en 1922), Michel Duru (né en 1926), anciens résistants et Philippe Verrier (né en 1934) témoignant au nom de son père Charles Verrier (1885-1944), interrogés par Cédric Delaunay, professeur d’histoire. (Auteur d’un livre : Mémoires des années noires (1939-1945) Le Loir-et-Cher durant la seconde guerre mondiale. Romorantin, 2011, 128 p. nombreuses illustrations.)

Je citerai brièvement l’essentiel des témoignages de Pierre-Alban Thomas et de Michel Duru. Je rapporterai ce que les questions de Cédric Delaunay m’ont permis de dire. Il a donné la parole à chacun avec beaucoup d’habileté et chacun, je le crois, a pu s’exprimer sur ce qui était essentiel à ses yeux.

Je retiens de Michel Duru qu’il était interne à St-Laurent-sur-Sèvres et qu’il a découvert la Résistance en arrivant à Blois. Il commençait son métier de dessinateur à l’Usine d’Air-Equipements et, à 18 ans, sous l’influence d’anciens, il a choisi de s’engager et participe à des parachutages et à un groupe armé. Après la Libération il signera son engagement pour la durée de la guerre, le 16 septembre 1944, au 4ème Régiment d’Infanterie de l’Air, formé par le colonel de La Vaissière. Cet engagement le conduira à partir sur le front de Lorient où le régiment issu de la Résistance (L’ORA, Organisation de la Résistance de l’Armée, a réussi à fédérer les divers mouvements de Résistance en Loir-et-Cher, d’une manière exceptionnelle dans la France de 1944) est appelé à participer à la Libération complète du pays en isolant la poche de Lorient.

Pierre-Alban Thomas, jeune étudiant instituteur, s’engage chez les FTP (Francs Tireurs Partisans d’obédience communiste). Il est un résistant actif dans le sud du département où il participe aux combats du maquis de Souesme. Il réussit à échapper aux Allemands et quitte le département pour continuer le combat pour la Libération dans le sud du pays. Il revient ensuite et combat avec les maquis Nord Indre. Après la fin de la guerre, sous-lieutenant, il nous dit qu’ayant demandé l’avis du Parti ( Parti Communiste auquel il adhérait à cette époque avec conviction), il reçut la consigne de rester dans l’armée qui comptait peu d’officiers communistes dans ses rangs. Il terminera sa carrière dans l’armée avec le grade de Lieutenant-Colonel. Il a participé douloureusement aux guerres d’Indochine et d’Algérie. Il avait l’impression de vivre ces combats à l’envers de ce qu’il avait combattu contre l’occupant nazi…

Quant à Charles Verrier, né en 1885, il avait donc 59 ans en 1944 et était à cette époque un vieux monsieur.

Charles Verrier

Charles Verrier (source : Philippe Verrier)

Il avait participé à la première guerre mondiale d’août 1914 jusqu’au 14 juillet 1919, défilé de la victoire à Paris, et ensuite à Londres et à Bruxelles. Incorporé comme 1ère classe, il terminait la guerre comme capitaine. Passé de la cavalerie des Chasseurs d’Afrique aux 4ème zouaves, deux blessures, six citations et droit au port personnel de la fourragère de la Légion d’Honneur, le seul officier ayant participé aux six opérations ayant valu les six citations à l’Ordre de l’Armée valant la fourragère rouge au régiment… On l’appelait alors le « verni du régiment ».

En avril 1939, avec difficulté, il réussit à signer son engagement pour la durée de la guerre et part en septembre 1939 à la tête d’une unité de pionniers. Il réussit, grâce à son ancien commandant au 4e zouaves, le général Giraud, à intégrer une unité d’active. Après la drôle de guerre, il participe à l’offensive qui conduit à la frontière des Pays-Bas avant de se replier sur la France, envahie depuis Sedan. Malgré une belle résistance, 15 chars allemands mis hors de combat, faute de munitions, retraite et malgré une évasion, capture. Prisonnier.

Comme plusieurs centaines de milliers de prisonniers anciens combattants de 14-18, il est libéré, et revient à Vendôme en août 1941. Devant le drapeau nazi qui flotte devant son portail, avec une guérite et une sentinelle allemande en face de chez lui, il dit alors à son épouse : « Tu ne m’avais pas dit que je serai encore prisonnier chez moi ! ». Il basculera dans la Résistance le 11 novembre 1942. Il avait appris l’opération Torch qui a libéré son sol natal en Algérie et il a entendu le Maréchal, inciter, à la radio, les soldats français à rejeter les Alliés à la mer ! Je l’ai entendu dire à son épouse : « Ce n’est plus, possible de suivre la Maréchal ! ». Mais il n’y a pas de bureau de recrutement pour entrer en résistance. Après quelques contacts, il signe son engagement comme 2ème classe dans l’ORA. Il ne sera réintégré dans son grade qu’en avril 1944 (nommé commandant en mai 40, en pleine tempête, il ne le saura qu’en 1944.

Il a exercé les fonctions de directeur de la Défense Passive. Cette fonction lui permettra en 1944 d’avoir un laissez-passer de jour comme de nuit pour Vendôme et les environs. C’était pour lui assez pratique pour participer à quelques parachutages. Cela lui permit valu de rencontrer chaque semaine l’officier allemand, commandant de la place de Vendôme, pour régler les alertes. Ceci me valut cette réflexion : « Toi, Verrier, ton père est un collabo, son vélo est très souvent devant la Kommandantur ! » Je ne sus alors que répondre…

Au cours de ces convocations, mon père apprit qu’il avait été dénoncé. La première fois, « Connaissez-vous le commandant Charles ? » (C’était son pseudonyme…) Il répondit que non. Il était anglophobe et avait été, comme beaucoup d’officiers prisonniers, volontaire pour aller se battre en Syrie contre les Anglais. Et tout s’était arrêté là. Une seconde fois, affirmatif et dur, l’Allemand lui dit « Vous êtes le commandant Charles ! ». – « Si j’étais le commandant Charles, je ne serais pas dans votre bureau ce matin. J’aurais mis ma femme et mes enfants à l’abri et je serais dans la maquis ! » L’officier allemand éclata de rire, comme soulagé. « Je n’vais pas pensé à cela ! » L’officier allemand, ancien combattant de 14-18 lui aussi, devait préférer le vieux soldat au dénonciateur dont il finit par donner le nom : le chef de la Milice à Vendôme. J’ai entendu deux fois mon père raconter cette aventure.

Il est ensuite désigné par les chefs militaires de la Résistance du département après que le futur maire de la Libération, radical-socialiste et anticlérical, vint trouver l’officier de droite et catholique pour lui demander, de la part du responsable communiste local de prendre la direction militaire des différentes organisations de Résistance.

La formation du 4e RIA comporte deux bataillons de plus de 500 hommes, l’un à Blois, sous les ordres du commandant Judes et l’autre à Vendôme, sous les ordres du commandant Verrier.

Présentation du 2e bataillon à Vendôme, avant de partir sur le front de Lorient. Charles Verrier a confié le fanion du bataillon au sous-lieutenant Gustave Schneider, ancien combattant, adjudant-chef en retraite, qui ne partira pas en Bretagne. Je pense que le commandant le sait, le sous-lieutenant, lui, ne l’apprendra que quelques instants avant le départ. Il est alcoolique et brutal, lorsqu’il a bu ou qu’il est en manque. On ne peut lui confier de jeunes recrues qui auront à faire avec des Allemands qui ont quatre ou cinq ans de guerre. Les garçons de sa compagnie refusent de partir si Gustave ne part pas. Le capitaine ne pouvant les convaincre appelle son commandant. « Schneider est un bon instructeur, on a besoin de lui pour instruire les recrues qui se présenteront, il reste à Vendôme. Vous, vous avez signé un engagement, vous êtes dans l’armée, vous obéissez et vous prenez vos paquetages et la direction de la gare ! » Cette explication donnée par témoignage d’un homme de la 8e compagnie, aurait permis à ma mère de comprendre que le départ de la gare de Vendôme se soit effectué avec presque une heure de retard…

Le 2e bataillon occupe une position difficile à Nostang. Relevé à l’approche de Noël, il est cantonné à Auray, à la caserne Du Guesclin. Gustave Schneider rejoint, sans ordre de mission, le bataillon le 18 décembre. Convoqué par le colonel de La Vaissière dans le bureau du commandant Verrier, il se présente vers 11h. le 19 décembre.

Caserne Duguesclin à Auray (Source : patrimoine-de-France.com)

L’entretien dont la durée varie selon les témoignages, se termine par trois coups de feu. Le colonel est tué de deux balles et le commandant est blessé mortellement. L’assassin sort du bureau, dit quelques mots de la fenêtre du 1er étage et se fait justice. Il rate le cœur et se fait sauter la cervelle… Un drame terrible. Mourir d’une balle allemande, c’est très triste, mais c’était la règle du temps. Mourir sous des balles françaises semble particulièrement terrible.

Les trois protagonistes sont morts. Quelles sont les vraies causes ? Alcoolique qui n’accepte pas la décision est la version officielle du drame.

Schneider était communiste. A-t-il agi sur ordre ? Personnellement, je ne le crois pas…

A-t-il été exclu du combat parce qu’il était communiste ? Le colonel avait-il des ordres ? On ne le sait pas.

J’ai terminé le récit de ce drame en remerciant ma mère. De retour d’Auray, elle nous a réunis, mon frère Daniel et moi. Jean-Pierre, l’aîné avait été grièvement blessé dans les Vosges où se battait la 1ère Armée française, qu’il avait rejoint en ,passant par l’Espagne… Notre mère nous dit qu’elle avait demandé le matin, à l’aumônier de prier à trois intentions : Je lui ai demandé de prier non pour le colonel et votre père, ils avaient communié tous les deux à la messe de dimanche, le Seigneur s’arrangera, mais pour celui qui est la cause de notre peine. Il a tué deux innocents et s’est suicidé. Ca fait beaucoup et il faut prier pour lui. Je n’ai pas demandé de prier pour nous. Nous sommes dans la peine, mais nous sommes dans l’honneur. Après-demain, il y aura 3.000 personnes à ‘enterrement de votre papa. Il a une femme et des enfants. Ils ne retrouveront le corps qu’après la guerre. Il faut prier pour eux.

Enfin j’ai demandé à l’aumônier de prier pour qu’il n’y ait jamais de place dans le cœur de mes fils pour des sentiments de haine et de vengeance.

En ce qui me concerna, je n’avais que dix ans, la prière de ma mère a été exaucée.

J’ai tenté de résumer ce que j’avais dit… Pour plus de détails, on pourra se reporter à mon livre Charles Verrier au service de la France, édité par l’Association des Amis du Musée de la Résistance, en septembre 2015.

Philippe Verrier,

20 octobre 2016

Pour aller plus loin, l’ouvrage de Philippe Verrier (membre actif de l’HSCO) :

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Invitation sortie livre « Viombois 4 septembre 1944, écritures, mythe et Histoire »

Pour rappel, Jean-Michel ADENOT, membre associé, vous invite le vendredi 11 novembre 2016 à Moussey dans les Vosges à l’occasion de la sortie de son ouvrage  « Viombois 4 septembre 1944, écritures, mythe et Histoire  » qui sera officiellement présenté salle de la Mairie, à 15 h.

 

Il  présentera ensuite quelques facettes de ce travail dédié au premier véritable décryptage historique de la journée du 4 septembre, mais aussi à d’autres aspects méconnus de cette période : le parcours de Paul DUNGLER, la résistance de Vichy (GAD, …), la difficile structuration des réseaux, la concurrence mémorielle entre le GMA-Vosges et le 1er RCVFFI, l’affaire de « la taupe », les premières opérations allemandes de répressions à Pexonne et Moussey … »

En avant première, vous pouvez dès à présent découvrir le sommaire détaillé du livre ici :

Viombois 4 septembre 1944 : écritures, mythe et Histoire

Par Jean-Michel Adenot (membre associé de l’HSCO)

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Ouvrage à paraître en novembre 2016

La citation : « L’Histoire est du vrai qui se déforme et la Légende du faux qui s’incarne » Jean COCTEAU

4ème de couverture :

Que s’est-il passé réellement à Viombois le 4 septembre 1944 ? D’après le témoignage du mythique chef de la 1ère centurie René RICATTE alias lieutenant JEAN-SERGE, les maquisards mal armés, confrontés à 2 000 Allemands aguerris « luttèrent à 1 contre 10, ils eurent 57 tués. Les Allemands battirent en retraite laissant plus de 130 morts sur le terrain ». Toutefois cette date allait aussi sonner la fin du projet grandiose de la Résistance Alsacienne, la mobilisation de près de 1 000 hommes attendant en vain un grand parachutage avant d’aller occuper les cols vosgiens et de libérer les camps de concentration de Schirmeck et du Struthof. Viombois, un tournant décisif pour les FFI d’Alsace ?

La consultation des archives -enfin ouvertes- apporte un regard très différent tant sur le fonctionnement de la Résistance Alsacienne que sur l’écriture d’un événement qui privilégiait jusqu’à présent la Mémoire sur la rigueur historique. Paul DUNGLER, créateur du réseau des Forces Françaises Combattantes « Martial » pour Londres ou « 7ème colonne d’Alsace » pour Vichy est enfin décrypté sans passion, tout comme le basculement progressif d’une résistance largement issue du 2ème bureau de Vichy et de ses Groupes d’Auto-Défense (GAD) vers le BCRA de Londres. D’écritures en 70 ans de réécritures, la bataille de Viombois avait pris une tonalité épique qu’il convenait de confronter aux documents.

L’exemple de la bataille de Viombois, ses prémices et ses « trahisons » remises à plat nous amène plus généralement à réfléchir sur l’écriture de l’Histoire.


A priori, rien ne me destinait à remettre en cause l’Histoire officielle telle que décrite dans les quatre ouvrages publiés par René RICATTE, proche parent, ancien chef de la 1ère centurie du GMA Vosges et incontestable sauveur de la situation après plusieurs approches allemandes. Pour lui, Viombois fut sans conteste une éclatante victoire de la résistance.

Une rapide consultation de la bibliographie (ainsi que l’incontournable Google) confirme une journée de combats intenses entre 800 maquisards dont seulement 100 étaient armés et de conséquentes « formations allemandes » qui tentèrent à plusieurs reprises d’emporter la décision avant de se replier. Le bilan, précis, semble difficile à réfuter : 57 maquisards tués (tous listés sur une plaque commémorative), 134 Allemands tués et 182 blessés. Il est vrai pour ces derniers qu’aucun Allemand n’avait été identifié et qu’aucune sépulture n’avait été retrouvée. D’après les chefs de la Résistance Alsacienne, les corps auraient été évacués discrètement par camions … vers le Reich. Etrange. Aucune pièce d’archive ne vient confirmer la précision des chiffres, les différents auteurs se renvoyant la balle. Plus gênant, un ouvrage de 1946[1], « oublié », évoquait seulement une douzaine d’Allemands tués, impression confirmée par le témoignage de première main d’un ancien maquisard, Oscar GERARD, qui avoue clairement n’avoir pas vu de cadavres allemands le 4 septembre. Il a conservé l’impression d’un adversaire clairsemé et au final peu incisif. Ses affirmations, consignées dans un livre édité à compte d’auteur, ont reçu un accueil mitigé et parfois même franchement hostile.

Finalement, il ne restait « plus qu’à » … consulter les archives, ce que, bizarrement, personne n’avait pensé à faire ! Dans ces conditions, difficile pour les tenants de la doxa de déplorer dans la presse (Vosges Matin 5 septembre 2016) une « rumeur tentant de revisiter l’histoire », cette dernière n’ayant jamais été ne serait-ce que « visitée » …

Une bonne dizaine d’années d’investigations dans les cartons du SHD, des Archives Nationales et Départementales, du BVCC de Caen et surtout du Dépôt Central de Le Blanc, sans parler des archives américaines, allemandes et anglaises, fut nécessaire pour rassembler les pièces du puzzle. Mieux, des contacts féconds se sont noués avec d’autres passionnés, chercheurs amateurs ou professionnels et aussi enfants d’acteurs de la période de l’occupation.

La rédaction de ce livre d’enquête a été entamée avec l’objectif avoué de donner la première place aux documents, mis en perspectives et analysés sans complaisance. Quelques préalables se sont imposés : pour une bonne compréhension de la journée du 4 septembre 1944, il était nécessaire d’étudier tout le processus de maturation de la résistance dans la région du Donon, ce vaste massif forestier frontalier séparant l’Alsace des Vosges. En effet, jusqu’à présent, les origines de la résistance alsacienne (réseaux DUNGLER) n’avaient fait l’objet que d’études très orientées. Sont précisées ici les relations entre la 7ème colonne d’Alsace (DUNGLER) et le réseau BAREISS, issu des GAD (Groupes d’Auto-Défense, montés par les services secrets de Vichy). Pour les Vosges, les tensions entre les différents réseaux et la mainmise progressive de CDLR (Ceux De La Résistance) sont aussi détaillées. Ces regroupements tardifs et, dans le cas de l’Alsace, sans alignement inconditionnel sur Londres, n’allaient pas faciliter les parachutages d’armes ! Celles-ci arriveront, tardivement et en trop petit nombre, ainsi qu’un fort détachement du 2ème SAS et du F Phantom[2]. Dernière contrainte, le front s’enlise en Lorraine pour une « pause d’octobre » qui va durer de septembre à novembre 1944. Avec la concentration dans un périmètre réduit de toutes les polices allemandes repliées à la hâte, les ingrédients sont réunis pour une tragédie de grande ampleur. Elle surviendra.

Autre volet de l’enquête, l’historiographie ou l’étude des écritures de cette page d’Histoire, nous montre la création et les développements d’un véritable mythe, avec sa célébration commémorative, ses officiants, sa vulgate et ses menées destinées à écarter contradicteurs et concurrents éventuels. De ce point de vue, les discordes entre plusieurs acteurs-mémorialistes éclairent les combats mémoriels qui en toute discrétion -surtout ne pas nuire à l’image de la Résistance- ont empoisonné et déchiré les survivants !

Bref, Viombois 4 septembre 1944, écritures mythe et Histoire est une plongée dans l’univers compliqué de la période de guerre … et des combats mémoriels des 70 années qui suivirent.

jean-michel-adenot

L’auteur … et le site : www.viombois.webnode.fr

[1] Affaire dans l’affaire, ce livre a été rédigé par Jean-Marie GEOFFROY, probablement dernier survivant des créateurs de réseaux de renseignement homologués FFC (équivalent de REMY ou de DUNGLER), décédé dans l’indifférence générale en juillet 2016 !

[2] Le 2ème SAS (Special Air Service) est un régiment des services spéciaux britanniques, le F Phantom assure les transmissions.

 

Info médias : Emission radio/« Un seul châtiment pour les traîtres  » de Xavier Laroudie sur France Bleu Limousin

Présentation de l’ouvrage de Xavier Laroudie « Un seul châtiment pour les traîtres  » lors de l’émission radio « Les spécialistes » diffusée le 6 septembre 2016 sur France Bleu Limousin. Présentation : Xavier Bourdelas

Un seul châtiment pour les traîtres Xavier Laroudie

A réécouter sur France Bleu Limousin :

Emission « Les spécialistes » du 6 septembre 2016 France Bleu Limousin