Lettre aux amis de la Police (et de la Gendarmerie) – 2017-5

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Jean-Marc Berlière nous propose le dernier numéro de sa « Lettre aux amis de la police (et de la gendarmerie) » en document PDF à consulter sur le lien ci-dessous :

Lettre aux amis de la police 2017-5

A noter que les anciens numéros de la Lettre aux amis de la police à compter de 2011 peuvent être lus et téléchargés à partir de ce blog par ce lien :  https://hscofrance.wordpress.com/lettre-aux-amis-de-la-police/

 

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De ténébreuses affaires dans le Loudunais – Saint-Clair juillet 1943

Par Jacques Albert et Jacques Pirondeau

COUVERTURE Ténébreuses affaires

 

« De ténébreuses affaires dans le Loudunais ; Saint-Clair juillet 1943 », c’est le titre du livre que deux membres de l’association HSCO, Jacques Albert et Jacques Pirondeau, viennent de faire paraître aux Editions Cédalion (1).

Jacques Albert, enseignant à la retraite, collecte depuis plus de vingt ans témoignages et documents variés sur les mouvements de Résistance dans le Nord du département de la Vienne.

                                                       Jacques Pirondeau, également retraité de l’éducation nationale, publie depuis une douzaine d’années des articles dans la revue « Résistances en Touraine et région Centre » de l’association ERIL (2).

Le sujet de cet ouvrage est un événement local quasi oublié, sujet suscité par la découverte de documents inédits aux archives départementales de la Vienne, lors de recherches effectuées sur un thème voisin plus vaste. Soigneusement reconstitué, le fil de l’action complété par des témoignages directs, a tous les ressorts d’un roman noir. La vérité qui en sort est néanmoins bien différente de celle qui court encore dans le village.

Juillet 1943, des policiers français de la SAP (Section des affaires politiques) de la 22e Brigade régionale mobile de police de sûreté de Poitiers (3) et les policiers de la Sipo-SD avec lesquels ils collaborent, effectuent trois perquisitions à Saint-Clair et dans les hameaux alentour ; ils arrêtent une quinzaine de personnes, toutes membres du parti communiste. Deux hommes sont fusillés à Biard, d’autres sont déportés, trois ne rentreront pas des camps. Une évasion réussie, suivie d’une autre, -fausse, celle-ci-, de la prison de Poitiers, aboutissent à la découverte d’un cadavre retrouvé sur les bords du Clain : l’homme a été exécuté sommairement. Qui a trahi ?    Lire la suite sur pdf :  De ténébreuses affaires dans le Loudunais

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(1) Editions Cédalion, Mr Jouaud Loïc, editionscedalion.com, 07.70.87.53.99

Prix : 13 €, disponible sur le site https://www.lalibrairie.com/tous-les-livres/de-tenebreuses-affaires-dans-le-loudunais–saint-clair-juillet-1943-jacques-albert-jacques-pirondeau-9791096617067.html

(2) http://eril37etcentrecom.wifeo.com

(3) Sur Poitiers sous l’Occupation et la SAP de la 22e BR, Cf. le livre d’un autre membre de HSCO :

ANTONOWICZ Gilles, Mort d’un collabo, éditions Nicolas Eybalin/Scrineo, 2013, 317 pages.

 

 

Carte postale Saint Clair-GrandeRue

 

Arsène Tchakarian et l’Affiche Rouge – la Légende et l’Histoire

Par Michel MARTINEAU

AFFICHES POLITIQUES

Il y a des gens dont on dit qu’ils sont « une légende vivante ». C’est probablement le cas d’Arsène Tchakarian. Mais la légende est une chose, et l’histoire en est une autre.

Le 21 mars 2017, Michel Martineau, membre d’HSCO et auteur de Les inconnus de l’Affiche Rouge, a assisté à la projection, à la Salle Paul Eluard de STAINS (93), du documentaire de Michel Violet intitulé « Arsène Tchakarian : mémoire de l’Affiche Rouge ».

Arsène Tchakarian, aujourd’hui centenaire et témoin incontournable, est le dernier survivant du groupe Manouchian, commando des FTP-MOI bien connu par la fameuse affiche de propagande nazie dite  « L’Affiche Rouge », et dont les membres ont été arrêtés et fusillés au Mont Valérien (Hauts-de-Seine) le 21 février 1944.

Michel Martineau n’était pas tout-à-fait un simple spectateur : le réalisateur l’avait invité à dire quelques mots, au cours du débat, sur son livre Les inconnus de l’Affiche Rouge, Editions Libre Label, 2014 (1).

Après cette soirée, Michel Martineau, qui restait perplexe quant aux chances de la légende de laisser place de sitôt à l’histoire véritable, a rédigé un compte-rendu de la projection de ce documentaire et des réflexions qu’il lui a inspirées. Il a adressé ce compte-rendu au réalisateur, Michel Violet, qui lui a répondu. Avec l’accord de celui-ci, nous reproduisons sa réponse. (Voir compte-rendu et réponse du réalisateur sur PDF ici ARSENE TCHAKARIAN ET L’AFFICHE ROUGE – LA LEGENDE ET L’HISTOIRE

(1) La photo du cadavre du Commissaire Martineau, ainsi que de celui du Commissaire Gautier, figurent sur l’Affiche Rouge, bien qu’ils n’aient pas été assassinés par les FTP-MOI, mais par les FTPF, sur ordre du Parti Communiste.


FRANCE INTER « Autant en emporte l’Histoire »

L’émission du 10 septembre 2017 intitulée : « Mathilde, résistante et traître au parti »

peut être réécoutée en cliquant sur ce lien   https://www.franceinter.fr/emissions/autant-en-emporte-l-histoire/autant-en-emporte-l-histoire-10-septembre-2017

Une fiction de Jean-Marc Berlière et Franck Liaigre, d’après leur livre Liquider les traîtres – La face cachée du PCF 1941-1943, aux Editions Robert Laffont.

« … un corps de femme, abattue d’une balle, retrouvé en pleine forêt de Rambouillet, sans aucun signe permettant de l’identifierC’était en octobre 1942. Il faudra attendre plus de 60 ans pour que deux historiens obstinés redonnent à cette femme son nom. Et fassent le lien avec une autre énigme : celle de la disparition en 1942 d’une jeune résistante communiste, Mathilde Dardant, fidèle agent de liaison de Jacques Duclos et Benoît Frachon, deux figures du Parti communiste clandestin sous l’Occupation. Pour sa famille, Mathilde ne pouvait être tombée que sous les balles des nazis. »

Scaër, 4 août 2017 : Libération de la parole

Par Yves MERVIN

Pa sonjan mat, nemet an daou-se marteze, a c’helle kousked divorc’hed, n’eus nemet an daou-se a zo digablus, an daou-se a ziskennas gant ar ru vras, an daou loen-kezeg.

Youenn Gwernig, « Daou vi » , 1964 [1].

 

Commémoration à SCAER Photo Y. Mervin

Allocution de Jeanine Daniel, ANACR Scaër (photo Yves Mervin)

 

Lors des cérémonies de commémoration de la Libération de Scaër (Finistère) survenue le 4 août 1944, Jeanine Daniel, représentant la section locale de l’ANACR (Association nationale des anciens combattants de la Résistance),  a prononcé un discours conforme aux canons de l’association. Elle a exalté le courage de ceux qui se sont engagés contre l’occupant allemand, le sacrifice des maquisards FTP (Francs-tireurs partisans) tombés au combat, en particulier à Kernabat le 14 juillet 1944 [2]. Elle a aussi encouragé à rester vigilant quant aux reculs possibles de la démocratie et aux atteintes à la liberté, ce en quoi nous ne la contesterons certainement pas.

Mais Jeanine Daniel a surtout terminé son discours en évoquant deux victimes de la Résistance à Scaër, faisant mention d’un procès qui aurait été intenté à leur égard avant leur assassinat. C’est probablement la première fois que l’ANACR veut bien admettre que la Résistance a commis des actes hautement condamnables à l’encontre de ses compatriotes. Dans sa revue Ami entends-tu ?, il n’y a qu’une sorte de victimes : celles de l’occupant, les autres n’existent pas.

Lire la suite sur Scaër 4 août 2017 Libération de la parole 1

 

[1] Traduction : Quand j’y pense, il n’y en a que deux à pouvoir dormir tranquille, il n’y en que deux qui ne soient pas coupables, ces deux-là qui descendaient la grande rue, les deux chevaux. Poème de Youenn Gwernig, « Deux oeufs », 1964, en hommage aux deux jeunes filles (Avant d’être exécutées à Stang-blank, Jeanette Laz et Marie-Jeanne Le Noach ont été promenées sur deux chevaux dans la grand-rue de Scaër). Paru dans Al Liamm en 1961.

 

Le double visage d’un « Juste »

Par Gérard SOUFFLET.

L’article Ils ont sauvé des Juifs, tiré de la Revue des Lettres, Sciences et Arts de la Corrèze (tome 114, 2015) et publié par Gilbert Beaubatie me fait réagir.

Il se trouve que j’ai étudié en détail la biographie d’une famille juive réfugiée à Vibraye, la famille Pawlowski / Jozefowicz, dont les survivants ne partagent pas du tout l’opinion élogieuse que l’article rapporte sur le comportement du maire de Vibraye, Aristide Gasnier, voyant en lui la personne qui livra aux gendarmes français la petite Jacqueline Pawlowska (9 ans) qui avait d’abord échappé aux Allemands venus arrêter la famille, le 9 octobre 1942.

Remise aux Allemands, la petite fille fut déportée vers Auschwitz avec sa maman par le Convoi 42, et assassinée dès l’arrivée, le 11 novembre 1942.

La raison de mon intérêt se trouvait être la personne de Hersz Henri Pawlowski, né à Kalisz en 1923, le frère ainé de Jacqueline, qui échappa au piège de Vibraye puis s’engagea dans la résistance FTP-MOI et fut assassiné par les Allemands à Chalon-sur-Saône, le 13 novembre 1943.  Lire la suite sur pdf   2017-07-08 Gasnier – réponse HSCO b

 

a - Jours heureux à Vibraye

A consulter :

Biographie Pawlowski, sur le site respol71.com, à la page :

http://www.respol71.com/henri-pawlowski-ephemere-chef-militaire-ftp-moi

Site de Yves Moreau  https://lesdeportesdesarthe.wordpress.com/author/lesdeportesdesarthe/

 

Ils ont sauvé des Juifs

Par Gilbert BEAUBATIE

PHOTO GENDARME BARDIN POUR TEXTE G. BEAUBATIE image002(2)

 

« A Monsieur le Préfet de la Libération au Mans

 Les soussignés Israélites parisiens en résidence à Vibraye (Sarthe) sauvés des griffes de la Gestapo ont l’honneur de vous faire connaître que quoique nous ayons été considérés comme des malfaiteurs par le Gouvernement de Vichy, des gens courageux et humains, se sont dévoués pour nous. Nous citerons Mr Gasnier, maire de Vibraye et ses secrétaires MM Ribault et Guillodeau qui ont continué, à leurs risques et périls, de nous donner les tickets d’alimentation nécessaires à notre existence.

 Ils ont aidé à sauver certains d’entre nous d’une mort probable, en falsifiant des papiers d’identité où la mention Juif entre autre était supprimée – que M. Bouguereau, adjoint et conseiller général et M. Henry, conseiller municipal nous ont eux aussi aidés en toutes circonstances.

 D’autre part la gendarmerie de Vibraye qui sachant où nous nous trouvions cachés n’a rien fait pour nous arrêter ou nous faire arrêter : le brigadier ancien M. Lehec, emprisonné depuis par les Allemands, M. Airanet gendarme actuellement à la brigade de Château du Loir, le brigadier présent M. Yvenou et ses gendarmes MM Bardin, Dixmier et Allain. Qu’au contraire ils se sont employés à nous assurer le plus de tranquillité  possible.

 Ainsi Monsieur le Préfet nous tenions à vous citer les braves gens qui au risque de leur vie peut-être ont aidé à vivre,  Lire la suite => Ils ont sauvé des Juifs Article de G. BEAUBATIE

 

Article publié dans la Revue des Lettres, Sciences et Arts de la Corrèze, tome 114, 2015, pp. 267-270.

 

Vichy et les Juifs… au(x) risque(s) de l’Histoire ?

 

MEMORIAL DE L'HOLOCAUSTE BERLIN 1993. Crédit photo R. Lévy

Mémorial de l’Holocauste, Berlin 1993. Crédit photo : R. Lévy

 

Par Jean-Marc BERLIERE

 

« By giving up a part, most of the whole was saved »

[L’abandon d’une partie d’entre eux a permis de sauver le plus grand nombre]

Raul Hilberg,  The Destruction of the European Jews, Chicago, Quadrangle, 1961.

 

Le débat passionnel qui agite le monde politico-médiatique depuis la publication par un polémiste d’un livre aux thèses contestées[1] dans lequel il fait grand usage de l’histoire et reprend — en 9 pages et sans déformation — les conclusions d’un historien israélien (Alain Michel, Vichy et la shoah, le paradoxe français, 2012[2]), s’il reflète les enjeux idéologiques et politiques du moment – déclin français, identité et roman national, xénophobie, montée du Front national … — démontre surtout un naufrage de l’histoire scientifique et un curieux penchant téléologique  : il est toujours plus facile de commenter les faits et de dire ce qu’il fallait faire quand on connaît la fin… Lire la suite sur pdf Vichy et les Juifs CSI

Article paru dans Les Cahiers de la Sécurité Intérieure et de la Justice (n° 32, 2e trimestre 2015, pp. 104-111)

Lire aussi https://hscofrance.wordpress.com/2017/05/10/sans-la-police-parisienne-la-rafle-du-vel-dhiv-ne-pouvait-etre-organisee/

[1]Eric Zemmour, Le Suicide français, Albin Michel, 2014.
[2] Une nouvelle édition, revue, précisée et augmentée, est sortie en 2015 (Elkana Editions). Un autre historien israélien, Asher Cohen avait avancé 20 ans auparavant dans un livre — Persécutions et sauvetages. Juifs et Français sous l’Occupation et sous Vichy, Paris, Cerf, 1993 — peu commenté à l’époque, des thèses et remarques comparables. Le « paradoxe français » s’agissant de la shoah a été mis en lumière au début des années 1990 par l’historien belge Maxime Steinberg (« Le paradoxe français dans la Solution finale à l’Ouest », Annales. Économies, Sociétés, Civilisations, Année 1993, Volume 48/Numéro 3, pp. 583-594).